Notre parcours de combattants pour devenir parents...
On est samedi, ça fait 6 jours qu'on m'a transféré les 3 embryons "médiocres"! Je navigue entre espoir et préparation à la déception. Bizarrement, je n'ai pas la même relation au temps que pour les 2 autres FIV. Avant, j'avais vraiment espoir que ça marche et j'étais pressée de connaître le résultat du test. La date de la prise de sang me semblait inaccessible. Le temps ralentissait. C'était horrible. Pour cette FIV, c'est différent. Comme on m'a presque annoncé l'échec assuré le jour du transfert, je ne suis pas trop pressée de vérifier l'hypothèse! Alors le temps prend son temps et ce n'est pas plus mal.
On ne peut pas dire que je psychote trop, je fais attention à ne pas faire de choses trop violentes mais je conduis, je mange de tout, je vis normalement parce que de toute façon j'ai testé les 2 attitudes précédemment (FIV 1 : vie stressante , FIV 2 : repos complet) et le résultat a été le même à chaque fois. Alors à quoi bon?
Je me demande ce qui se passe au fond de mon utérus. Est-ce que Monsieur 8C s'est fait un nid? A-t-il fait tout plein de cellules? Ou est-ce que tous les 3 attendent le feu vert pour s'échapper? Parfois j'ai mal au ventre, alors je me dit qu'il se passe quelque chose et puis parfois il ne se passe rien, comme d'habitude.
Et puis je me dis que je suis en train, petit à petit, de faire le "deuil" non pas de l'enfant biologique mais de la grossesse. Je suis prête à adopter parce qu'avoir un enfant qui me ressemble n'est pas essentiel pour moi mais je crois que je vais surtout avoir du mal à admettre que je ne serai jamais enceinte. Je n'aurai jamais la chance d'avoir un ventre énorme, de sentir la vie en moi, de me sentir femme. L'adoption fera peut-être de moi une mère mais peut-être pas une femme.